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Nous
avons délaissé derrière nos dos Le
troupeau de mouflons mourir de soif
Nous avons écrit des contes
Pour oublier les lointains exils
derrière les mers
Nous avons senti l'émigration avec qui
nous nous sommes accoutumés
Nous avons oublié nos premières fleurs
d'amour, là dans les armoires des arbres
Et, nous ne nous souvenons plus des
cordes de notre linge en désir de nos
vêtements
Nous avons oublié de répéter le mot "
maman " cher à nos cœurs
Nous nous sommes durcis et nos sources
se sont desséchées sur les tables du
destin
Nous nous sommes fatigués à cause des
lettres
Qui ne sont ni celles de la famille ni
celles des camarades
Nous n'aimons plus le salut" Bonjour "
Et nous n'aimons plus encore les
facteurs.
Nous avons délaissé derrière nos dos Le
troupeau de mouflons mourir de soif
Nous nous sommes enrouillés
Sans constater que nous somme oisifs à
moitié d'age
Et que nous sommes tombés dans l'oubli,
alors que nos âmes sont complices du
cahot et du néant
Aurions nous un jour ce grand désir de
nos oiseaux qu'on avait délaissés là-bas
Aurions nous un jour ce grand désir de
la malice de nos camarades
Aurions nous un jour ce grand désir de
notre famille et de notre grande sœur?
Je ne suis plus certain de rien
Je ne puis plus constater ce relâchement
dans nos cotes
Je ne crois en rien
Parce que nous avons délaissé derrière
nos dos
Le troupeau de mouflons mourir de soif.
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